Tout connaître sur le champignon Anthurus d’Archer

Parmi les champignons fascinants, l’anthurus d’archer se distingue par son aspect saisissant et son histoire singulière. Surnommé « doigts du diable » ou « fleur de cadavre », ce champignon attire non seulement les passionnés de mycologie mais aussi les promeneurs intrigués qui croisent ses tentacules rouges dans une forêt ou un massif fleuri.

Rattaché à la famille des phallacées, cet être vivant venu d’ailleurs suscite de nombreuses questions dès qu’il laisse éclore ses bras écarlates au sol.

Origine et arrivée de l’anthurus d’archer hors d’Australie

Le champignon anthurus d’archer n’a pas toujours fait partie du paysage européen. Son histoire commence à l’autre bout du monde, avec des racines profondément ancrées en Australie et en Nouvelle-Zélande. Ces deux îles de l’hémisphère sud abritaient initialement cette espèce fascinante, présente discrètement dans les sous-bois et les sols riches en matière organique.

Selon les recherches, l’introduction du clathrus archeri en Europe remonterait au début du XXe siècle, probablement via l’importation de laine de mouton ou de plantes ornementales porteuses de spores. Sa propagation peut également être issue du transport militaire. Depuis cette époque, l’Anthurus d’Archer est visible en Espagne, en France, en Angleterre, en Norvège, en Suède, en Allemagne, en Pologne, en République Tchèque, en Ukraine, en Slovénie ou encore en Italie.

L’Anthurus d’Archer a été observé pour la première fois dans les Vosges durant l’année 1914. Sa découverte en Allemagne s’était passée autour de l’année 1934. En revanche, il n’est arrivé en Suisse qu’aux alentours de l’année 1942.

Ce mode de dispersion illustre parfaitement la capacité d’adaptation de nombreuses espèces fongiques, notamment celles appartenant à l’ordre des phallales.

Pourquoi l’anthurus d’archer est-il considéré comme une espèce invasive ?

Arrivé accidentellement sur le Vieux Continent, ce champignon rencontre peu de prédateurs naturels sur les nouveaux territoires colonisés. Il s’étend rapidement grâce à ses stratégies reproductives efficaces et sa robustesse face aux variations climatiques. On parle alors d’espèce invasive, car son expansion modifie parfois les équilibres locaux, concurrençant certaines espèces indigènes de champignons basidiomycètes.

Sa propagation favorise certains types d’habitats, comme les forêts tempérées ou encore les jardins urbains recouverts de copeaux de bois ou de sciure. Sa plasticité écologique permet ainsi une prolifération là où la compétition mycologique laisse des niches à occuper.

Quels milieux l’anthurus d’archer préfère-t-il pour pousser ?

En dehors des forêts naturelles, le clathrus archeri prospère souvent dans les espaces aménagés par l’homme. Les massifs décoratifs recouverts de paillis, les tas de sciure abandonnés, et parfois même les prairies humides servent régulièrement de substrat à la croissance de ses œufs blancs caractéristiques.

La matière organique en décomposition attire particulièrement ce champignon. Là où des fragments végétaux s’accumulent, feuilles mortes, bois mort, écorces broyées, il trouve tous les nutriments nécessaires à son développement. L’Anthurus d’Archer se nourrit en effet des matières organiques mortes. C’est pourquoi il est répertorié parmi les saprophytes.

La présence fréquente dans les zones périurbaines accentue le sentiment d’invasion auprès des citadins découvrant pour la première fois ses formes insolites.

Morphologie et cycle de vie du clathrus archeri

Reconnaître l’anthurus d’archer demande une certaine attention, mais aucun autre champignon ne lui ressemble vraiment. Tout commence avec une sphère blanche évoquant un œuf posé sur le sol. Dès que les conditions deviennent favorables, celle-ci éclate et laisse surgir quatre à huit bras rouge vif tachetés de noir.

L’ensemble prend rapidement une forme d’étoile qui accentue l’apparence fortement tentaculaire du spécimen adulte.

A l’extérieur, les bras sont caractérisés par une couleur rouge pâle. Par contre, la face inférieure se distingue par une couleur rouge vif. Après, les bras sont couverts d’une matière gluante de couleur noir olive qu’on appelle gléba. C’est cette dernière qui porte les spores et qui dégage son odeur caractéristique.

Ce déploiement spectaculaire intrigue bon nombre de passionnés. La métamorphose rapide de l’œuf vers la “floraison” étoilée explique pourquoi l’anthurus d’archer attire tant d’attention lors des balades automnales en sous-bois ou dans un massif fraîchement paillé.

Comment évolue ce champignon depuis l’œuf blanc jusqu’aux doigts du diable ?

Le cycle débute avec l’apparition d’une enveloppe blanche d’environ 3 à 6 cm, appelée « œuf », semi-enterrée, ressemblant parfois à la volva chez d’autres champignons. Cet œuf, gorgé d’eau, protège les tissus embryonnaires du jeune clathrus archeri contre la sécheresse et les fluctuations thermiques.

Quand la croissance s’accélère, l’œuf finit par se fissurer sous la pression interne.

En quelques heures, il laisse apparaître plusieurs bras écarlates qui s’étirent verticalement avant de retomber vers l’extérieur, conférant au sporophore son allure d’étoile ou de tentacules étranges. D’où le surnom évocateur de doigts du diable.

Quelle est la fonction de l’odeur forte dégagée par l’anthurus d’archer ?

Aucun amateur ne reste indifférent face à l’odeur putride qui s’échappe de l’anthurus d’archer mature. Certains parlent d’une odeur de cadavre, d’autres y voient une senteur pestilentielle digne des carcasses en décomposition. Cette caractéristique olfactive a une fonction biologique très précise.

L’arôme désagréable attire naturellement des insectes coprophages et nécrophages, principalement des mouches attirées par la méduse noire gluante à la surface des tentacules. En visitant ces bras malodorants, les diptères transportent ensuite les spores du champignon vers de nouveaux endroits, assurant ainsi la reproduction du clathrus archeri de façon efficace.

  • Forme d’œuf blanc au départ
  • Tentacules rouges étalés en étoile
  • Odeur pestilentielle prononcée
  • Développement souvent rapide après une pluie

Comment différencier l’anthurus d’archer des autres phallales ?

Dans la famille des phallacées, plusieurs espèces présentent des ressemblances structurelles, telles que le satyre puant (Phallus impudicus) ou le clathre rouge (Clathrus ruber). Cependant, quelques critères simples permettent d’identifier l’anthurus d’archer de manière fiable sur le terrain.

Les fameux tentacules rouges, divisés en 4 à 8 bras longs et fins, sont la signature visuelle la plus évidente. Aucun autre représentant des phallales n’offre ce déploiement étoilé si spectaculaire. Les colorations varient du rose intense au rouge sang selon l’âge et la localisation, tandis que l’aspect gélatineux sombre couronnant les bras confirme l’identification.

Le Clathre rouge, par exemple, produit également des fruits rouges. Cependant, leur forme est différente de celle de l’Anthurus d’Archer. Si ce dernier se reconnait tout de suite grâce à sa forme étoilée, le Clathre rouge prend plutôt la forme d’une lanterne grillagée sphérique dont ses larges mailles sont polygonales.

Pour pouvoir les différencier, il est aussi important de savoir que le Clathre rouge pousse dans les pailles d’écorce. Toutefois, on peut aussi s’en apercevoir dans le jardin ou encore dans les parcs.

Si le Clathre rouge tire son origine du bassin méditerranéen comme l’Italie et de certaines zones limitrophes comme les îles canaries et l’Iran,aujourd’hui, il a conquis plusieurs zones tropicales. Cependant, son introduction a été accidentelle. Désormais, on peut le voir en Asie occidentale et orientale, en Australie, en Afrique central, en Amérique central, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud.

L’importance de la texture et de l’odeur pour vérifier l’espèce

En approchant, toucher délicatement la surface visqueuse sur le dessus des tentacules offre une double confirmation : la consistance collante héberge les spores microscopiques et exhale instantanément une odeur déjà mentionnée d’une force remarquable. Une simple inspiration suffit souvent pour exclure toute confusion avec les variétés inodores ou faiblement parfumées.

À grande distance, les couleurs vives jouent aussi un rôle d’avertissement visuel à destination des animaux, une stratégie de survie partagée par plusieurs phallacées, parfois mal tolérée par le public peu informé.

Quelques erreurs courantes dans l’identification

Il arrive que des ramasseurs amateurs prennent à tort l’anthurus d’archer pour un champignon comestible, trompés par une apparence vaguement proche de certaines morilles ou du clavaire. Mais aucune confusion sérieuse ne subsiste une fois la floraison étoilée et la puissance de l’odeur constatées.

Certains spécimens en début de croissance, encore enfermés dans leur œuf blanc, émergent parmi d’autres jeunes champignons basidiomycètes classiques. L’absence totale de chapeau, de pied creux et la coloration écarlate incitent à la prudence en cas de doute.

Usages, toxicité et statut du clathrus archeri

Contrairement à d’autres membres de la grande famille des phallacées, l’anthurus d’archer n’est pas récolté pour la cuisine. Ce champignon est classé non comestible, ce qui signifie que sa consommation, même accidentelle, doit absolument être évitée. Quelques signalements de troubles digestifs ont été enregistrés après ingestion, bien que la pleine toxicité pour l’humain soit encore insuffisamment documentée.

La question de l’empoisonnement concerne surtout les enfants trop curieux ou les animaux domestiques attirés par les couleurs vives et l’aspect charnu. Le goût de la chair crue, décrit comme extrêmement acre, dissuade dans la plupart des cas toute dégustation.

Attention, il ne faut pas confondre l’Anthurus d’Archer avec la phalle impudique. Cette dernière se présente aussi sous forme d’un œuf au début de sa croissance. Ce champignon est d’ailleurs comestible lorsqu’il est encore dans cet état. Son goût ressemble de près au radis.

Des propriétés médicinales ou industrielles pour l’anthurus d’archer ?

À ce jour, aucune étude n’attribue d’application utile à l’anthurus d’archer ni en pharmacopée traditionnelle ni en usages modernes. Sa composition chimique n’a révélé ni molécules thérapeutiques prometteuses ni substances recherchées par l’industrie agroalimentaire.

Son impact majeur demeure écologique, notamment par l’effet sur la répartition locale des insectes saprophages et sur la modification de certains sols forestiers européens. Au-delà de la fascination esthétique, l’intérêt scientifique du clathrusarcheri tient essentiellement à son modèle de propagation atypique et à sa biologie singulière.

Que faire si l’on découvre l’anthurus d’archer dans un jardin ou une forêt ?

Face à une découverte inattendue, il convient tout simplement de laisser ce champignon jouer son rôle écologique. Ramasser inutilement les spécimens nuit à la diversité des champignons basidiomycètes tout en rompant la chaîne naturelle de dissémination des spores.

Laisser l’anthurus d’archer poursuivre son cycle de maturation permet aussi d’observer, année après année, sa fidélité à certains coins frais et ombragés. Pour noter sa présence, prendre quelques photos et avertir d’autres naturalistes figure parmi les meilleures contributions citoyennes à la connaissance de cette espèce fascinante.

  • Ne jamais goûter ou manipuler sans gant les tentacules ou l’œuf blanc.
  • Avertir les gestionnaires d’espaces publics lors d’une invasion massive.
  • Privilégier l’observation plutôt que la collecte, afin de préserver la biodiversité locale.

Pour ceux qui ont des enfants de bas âge ou des animaux de compagnie à la maison, il est mieux de se débarrasser de ce type de champignon. La meilleure façon de l’éliminer c’est de le retirer lorsqu’il est encore à l’état d’œuf. Veillez à ce que l’extraction se fasse avant la sporulation. Dans le cas contraire, le champignon pourra encore se multiplier.

Il est ensuite important de préciser que la terre autour du champignon peut également être contaminée. Pour cela, il est préférable de retirer la partie qui a été en contact avec le champignon.

L’anthurus d’archer, un mystère esthétique et écologique à découvrir

Croiser le chemin de ce champignon hors normes transforme souvent une simple promenade en exploration extraordinaire. Entre star de la mycologie urbaine et phénomène invasif dans certains massifs boisés, le clathrus archeri aiguise la curiosité là où ses bras rouges et son parfum puissant bousculent les certitudes classiques sur le règne fongique.

Ses origines lointaines, son apparition dans des habitats variés allant des forêts profondes aux amas de copeaux de bois, sa capacité à déconcerter par sa forme tentaculaire et à attirer malgré son odeur de cadavre font de l’anthurus d’archer un ambassadeur insolite de la diversité des champignons basidiomycètes, que l’on soit en Europe ou ailleurs.

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